Salaires bloqués, paiement des fournisseurs menacé… : la panne « exceptionnelle » du logiciel Helios affecte grandement les collectivités

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La panne « inédite » qui a frappé le logiciel de gestion comptable des collectivités a notamment entraîné des retards de paiements aux fournisseurs et entravé l’arrêt des comptes annuels. Malgré les inquiétudes, « la paie des agents territoriaux et hospitaliers devrait être assurée dans les conditions habituelles, d’ici la fin du mois », garantit la DGFiP.

Par A.W.

Maire-Info

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« Les responsables des collectivités, des intercommunalités, des hôpitaux publics sont inquiets. »  Le député Liot de la Marne Charles de Courson a relayé, hier, à l’Assemblée nationale, une crainte qui se répand chez les élus locaux depuis bientôt deux semaines. En cause, un « incident exceptionnel »  qui touche le logiciel de comptabilité publique Hélios depuis le 5 février et qui affecte la paie des agents territoriaux et hospitaliers, comme l’a d’ailleurs confirmé vendredi la Direction générale des Finances publiques (DGFiP).

Au vu des dysfonctionnements « majeurs »  et de la paralysie engendrée ces derniers jours, les maires et présidents des exécutifs locaux craignent, effectivement, de « ne pas pouvoir verser les salaires de février à leurs fonctionnaires ». Mais ils redoutent également « de ne pas pouvoir régler leurs fournisseurs – mettant en difficulté des très petites entreprises – et de ne pas pouvoir délibérer sur le compte financier unique (CFU) et sur le compte de gestion, voire d’être obligés de différer le vote du budget 2026 », a alerté Charles de Courson à l’occasion des questions au gouvernement.

Défaillance matérielle « inédite » 

« Il ne faut pas avoir la panne informatique honteuse. Par contre, en période de comptes administratifs [et de] CFU, comment dire… », a d’ailleurs implicitement tancé, sur X, le maire de Marsac-en-Livradois Michel Sauvade, également co-président de la commission numérique à l’AMF. 

Les conséquences sont, en effet, « importantes pour les collectivités territoriales et le secteur hospitalier », selon le syndicat Solidaires Finances publiques. Depuis le 5 février, un certain nombre de collectivités locales et d’établissements hospitaliers se sont ainsi retrouvés dans l’impossibilité de payer leurs fournisseurs ou d’arrêter leurs comptes annuels en raison de cette panne « inédite et de grande ampleur »  – mais « rarissime »  – qui frappe le logiciel Helios, chargé de leur gestion comptable et financière. Et ce, en pleine période électorale. 

Et si le ministre de la Fonction publique, David Amiel, a expliqué, hier, devant les députés, que « les associations d’élus et les services financiers des collectivités locales et des hôpitaux en ont été informés », la CFDT Finances Publiques a déploré, dans un post Lindekin, « une communication clairement perfectible qui n’est pas redescendue dans toutes les collectivités ni dans tous les postes comptables ».

La raison de cette panne historique est à mettre sur le compte d’un « incident purement matériel, plus précisément d’une défaillance d’une baie de stockage sur le site d’hébergement concerné », a détaillé le ministre de la Fonction publique, en confirmant qu’elle avait entraîné « de très nombreuses difficultés, notamment en interrompant les flux de données, retardant ou empêchant l’exécution de dépenses ou l’enregistrement de recettes ».

« Reprise partielle » 

Depuis, les agents de la DGFiP ont « pu réparer le matériel et reconfigurer les sites d’hébergement pour permettre le redémarrage d’Hélios ». Vendredi, « la moitié des postes comptables […] ont pu reprendre leurs opérations, et la totalité depuis [hier] matin », a assuré David Amiel. 

La CFDT Finances Publiques a également confirmé, ce lundi, que les choses revenaient au fur et à mesure à la normale sur les deux sites qui hébergent Hélios. D’un côté, Versailles qui gère les trois quarts des trésoreries de France et, de l’autre, Metz, dédié au quart restant. La reprise des sites dépendant de Versailles et du site de Metz relatif aux territoires ultramarins était ainsi actée « depuis vendredi », lundi pour le site logique 1 de Metz, et mardi « au plus tard pour les sites logiques 2 et 3 ». Enfin, la reprise de « l’applicatif CDG pour l’édition des comptes de gestion des collectivités »  était prévue « en milieu de semaine ».

Si le ministre de la Fonction publique a certifié que « l’échange de flux de données avec les collectivités locales et les hôpitaux reprend progressivement et de manière sécurisée », il n’a pas clairement indiqué quand l’application Hélios sera à nouveau totalement opérationnelle. 

Une reprise qui n’est donc « que partielle », a fait remarquer Charles de Courson qui s’est interrogé : « Est-il normal que l’on mette plus de 12 jours à commencer à pouvoir reprendre un flux normal pour les collectivités et les hôpitaux publics ? » 

Les paies « assurées d’ici la fin du mois » 

La DGFiP s’est, toutefois, voulue rassurante concernant le paiement des salaires des fonctionnaires : « Selon notre plan actuel, la paie des agents territoriaux et hospitaliers devrait être assurée dans les conditions habituelles, d’ici la fin du mois ». Le député socialiste de Haute-Garonne Jacques Oberti a, cependant, rappelé lundi sur Facebook que « les dépenses sociales essentielles (allocations, aides à domiciles, bourses ou remboursements dus aux entreprises prestataires…) sont d’ores et déjà retardées ».

Le Conseil départemental de Haute-Garonne a d’ailleurs indiqué, dans un communiqué, que ses services allaient « régulariser les paiements des allocataires dans les plus brefs délais »  et que « tous les paiements en attente sont traités en priorité ». « La mise en paiement sera finalisée au plus tard le 18 février 2026. Les fonds apparaîtront sur le compte des bénéficiaires dans les jours qui suivent », prévient-il.

Mais une autre question apparaît déjà s’agissant des retards de règlement des fournisseurs des collectivités : « Qui paiera les intérêts de retard ? Qui paiera les dégâts de tout cela ? », a interrogé, sans obtenir de réponse, Charles de Courson. Avant de rappeler que « ce ne sont pas les collectivités locales qui en sont responsables ». 

De son côté, Jacques Oberti réclame « sans attendre »  la mise en place d’une mission flash parlementaire pour faire la lumière sur cet épisode qui révèle, selon lui, « une fragilité structurelle des systèmes informatiques de l’État, aggravée par des années de sous-investissement et de suppressions d’emplois, au risque de mettre en péril la gestion financière locale ».

« Cette crise montre, s’il le fallait, la fragilité de notre administration suite aux politiques d’austérités budgétaires », estime également, dans son communiqué, Solidaires qui dénonce le fait que la DGFiP n’ait « jamais voulu »  déployer un « serveur de secours », mais aussi « les suppressions d’emplois catastrophiques ». Dans un contexte de relations tendues, depuis plusieurs mois, entre les organisations syndicales et la directrice générale des finances publiques, l’organisation syndicale regrette, par ailleurs, que la direction générale « ait attendu son interpellation pour informer les agentes et les agents de la situation, et pour réunir en urgence un Codir », le Comité de direction. 

Ironie de l’histoire, c’est ce lundi que la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a choisi pour saluer « les excellents résultats »  obtenus par la DGFiP en 2025 s’agissant de son « service de qualité, accessible et efficace à tous les usagers ». Le baromètre de l’Institut Paul-Delouvrier rapporte ainsi « un taux de 82 % de satisfaction des usagers ». Pas sûr que l’année 2026 obtienne le même taux de satisfecit… 

Fermeture du cuivre au 31 janvier 2026 : l’Arcep fait le point sur ce qu’il faut savoir

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source : https://www.maire-info.com/amenagement-numerique-du-territoire/fermeture-du-cuivre-au-31-janvier-2026-arcep-fait-point-sur-ce-quil-faut-savoir-article-30428#

La fermeture du réseau cuivre s’accélère. Dans un dossier dévoilé cette semaine, l’Arcep dresse un état des lieux de ce grand chantier et donne des repères chronologiques et autres informations pratiques utiles pour les élus locaux.

Par Lucile Bonnin

En 2026, le chantier de fermeture du réseau cuivre lancé par l’opérateur devient concret. Ce 27 janvier, l’opérateur Orange a annoncé avoir procédé à la fermeture technique du réseau cuivre dans 763 communes « réparties dans 54 départements et 14 régions, soit environ 900 000 locaux »  (lire Maire info du 28 janvier).

Une autre échéance importante arrive demain : « Près des trois quarts des communes françaises vont vivre la fermeture commerciale de leur réseau cuivre », indique l’Arcep sur son site internet. Ainsi, la vente de nouveaux abonnements utilisant le réseau cuivre, quel que soit l’opérateur, ne sera plus possible dans ces communes dès le 31 janvier. Précisons que les abonnements ADSL déjà souscrits sont maintenus et que c’est spécifiquement la vente d’abonnements qui s’arrête. 

Mais ce n’est qu’un « premier jalon »  de la fermeture définitive du réseau cuivre qui se fait en plusieurs phases : une fermeture commerciale et une fermeture technique. La première consiste en l’arrêt de la vente des abonnements, la deuxième « consiste à arrêter tous les services sur cuivre au niveau d’une zone donnée », selon une logique de lots annuels de communes. À l’horizon 2030, le réseau cuivre historique, qui fournit le téléphone, internet et la télévision, n’existera plus et sera remplacé par la fibre optique.

C’est dans ce contexte que l’Arcep publie un dossier de presse résumant les enjeux de cette première étape avant la disparition définitive de l’ADSL. 

Des informations et dates pour chaque commune 

Pour toutes les communes, l’Arcep rappelle que la fermeture commerciale est prévue par Orange soit ce 31 janvier 2026, soit le 31 janvier 2027. Près de 8 000 communes ont fait l’objet d’un report de calendrier afin, comme l’explique le secrétaire général d’Orange, de ne « prendre aucun risque en matière de déconnexion d’abonnés, y compris dans les communes presque intégralement fibrées. » 

L’Arcep souligne qu’Orange a « l’obligation de communiquer au moins 36 mois à l’avance la liste des communes concernées par une fermeture », qu’elle soit commerciale ou technique. Une base de données ouverte est donc accessible à tous et comprend « un « Fichier de trajectoire »  téléchargeable en format tableur et incorporant des statistiques utiles pour les élus locaux (…) »  afin qu’ils puissent informer leurs administrés s’ils le désirent. On y retrouve notamment – ce qui devrait intéresser de nombreux maires – le nombre d’abonnements à l’ADSL qui sont encore actifs sur la commune à moins d’un an de la fermeture. 

Un moteur de recherche développé par les services de Bercy permet aussi aux élus de savoir si la date de fermeture définitive (ou « fermeture technique » ) du réseau cuivre a déjà été fixée pour la commune et d’en connaître la date exacte. Aujourd’hui, « près de 10 000 communes ont d’ores et déjà une date de fermeture définitive connue et prévue par Orange », indique le régulateur. 

Le déploiement complet de la fibre optique est indispensable 

Le dossier de l’Arcep souligne surtout un paramètre essentiel de ce chantier : pour pouvoir fermer le réseau cuivre sur une commune, Orange a l’obligation de respecter certains critères et notamment de s’assurer que le déploiement complet de la fibre optique a bien été fait sur la commune. 

Cette fameuse obligation du déploiement complet de la fibre avant de procéder à la fermeture du cuivre – en plus d’être réclamée par les associations d’élus et de consommateurs – « constitue une incitation pour les opérateurs de réseaux à accélérer leurs efforts de déploiement pour les locaux qui ne sont pas encore éligibles à la fibre (environ 6 % des locaux en France fin septembre 2025). »  En effet, « les opérateurs qui déploient la fibre optique sont naturellement intéressés à ce que le réseau cuivre ferme, car elle accélère le remplissage des réseaux en fibre optique dans lesquels ils ont investi. » 

Pour que ce chantier soit un succès, il faut aussi s’assurer qu’il n’y ait pas de « naufragés de la fibre » , comme l’avait souligné Michel Sauvade, co-président de la commission numérique de l’AMF lors du dernier congrès des maires (lire article Maires de France). Selon l’Arcep, 28 % des abonnés ADSL déclarent ne pas avoir connaissance de la fermeture prochaine du cuivre. C’est pourquoi le gouvernement, l’Arcep et les opérateurs tendent à renforcer la communication sur le sujet avec la publication de guides ou encore des moteurs de recherches précis comme celui de l’Arcep intitulé « Ma connexion internet ». 

Le dossier clarifie aussi un point important pour les élus : il est « possible de souscrire à un abonnement internet ou téléphonique seul sur la fibre pour remplacer un éventuel abonnement internet ou téléphonique sur le réseau cuivre » . Effectuer ce changement d’abonnement le plus tôt possible est recommandé. 

Aujourd’hui, « la France fait partie des pays les mieux fibrés d’Europe avec une couverture supérieure de 20 points à la moyenne de l’UE », note l’Arcep. « Fin septembre 2025, près de 94 % des locaux étaient éligibles à la fibre et 80 % des abonnements internet fixe étaient en fibre optique (contre 16 % en 2015). » 

Consulter le dossier de l’Arcep.