Point-info cyber sécurité du congrès des maires 2022

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source : https://www.maire-info.com/cybermalveillance/cybersecurite-outils-pour-proteger-les-collectivites-article-26955

Cybersécurité : des outils pour protéger les collectivités

Face à la menace grandissante des cyberattaques, des solutions existent. Un tour d’horizon a été fait à l’occasion d’un point info dédié durant le Congrès des maires.

Par Lucile Bonnin

Depuis plusieurs mois, des collectivités de toute taille sont confrontées à de nombreuses cyberattaques. Lors du point info  Agir contre la cybermalveillance organisé, le 23 novembre, Marc Boget, commandant de la gendarmerie dans le cyberespace, a indiqué qu’il y a « une attaque par rançongiciel toutes les 11 secondes dans le monde ».

Le phénomène prend de l’ampleur et la menace est multiple. Le lieutenant-colonel Barnabé Watin-Augouard, de la gendarmerie nationale (Cybergend), a alerté les élus sur les risques d’espionnage et les arnaques aux faux RIB et fausses factures qui sont « des pratiques à la mode ».

Car la vente de données est ce qui intéresse en premier lieu les hackers. Jérôme Notin, directeur du dispositif Cybermalveillance.gouv.fr, a rappelé que les collectivités sont « 35 fois plus représentées parmi les victimes recensées par l’Anssi par rapport aux entreprises ou aux particuliers. » 

Le coût très élevé d’une cyberattaque 

230 000 euros : c’est le montant que la commune de Mitry-Mory a dû engager après avoir subi une attaque en juillet 2020. Au-delà de l’aspect financier, les dégâts pour une collectivité sont conséquents : « Nous avons mis deux semaines pour refaire fonctionner le système et nous avons tout perdu au niveau de l’archivage numérique » , a raconté la maire Charlotte Blandiot-Faride.

Aujourd’hui, la commune a un système de sécurité plus robuste et les mots de passe sont modifiés « tous les mois » . Michel Sauvade, co-président de la commission numérique de l’AMF, a souligné que « les maires subissent, s’adaptent et, en témoignant ils nous permettent d’avancer. » 

Prévenir le risque en s’appuyant sur des experts

Pour faire face aux risques, les élus doivent instaurer une politique de cybersécurité globale au sein de leur collectivité. Pour cela, ils peuvent se servir d’outils proposés par des acteurs de confiance, au premier rang desquels Cybermalveillance.gouv.fr. Cela passe d’abord par la sensibilisation des agents aux bonnes pratiques. Cybermalveillance.gouv.fr a conçu, en partenariat avec l’AMF, une méthodologie « clé en main »  gratuite pour sensibiliser l’ensemble des agents aux risques cyber. « Il faut sensibiliser les agents sur la durée », indique Amandine Del Amo chargée de mission pour Cybermalveillance.gouv.fr, qui propose des fiches thématiques sur 30 sujets différents. Il est aussi possible d’évaluer la sécurité numérique de la collectivité en 9 questions grâce à un outil développé par le gouvernement en lien avec l’AMF et le dispositif Cybermalveillance.gouv.fr.  

L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) propose des actions ciblées à destination des collectivités comme les parcours de cybersécurité consistant en un pré-diagnostic et un accompagnement par des prestataires compétents. D’ici la fin 2023, plus de 1 000 collectivités et administrations auront été accompagnées selon le gouvernement. 

Le gouvernement a aussi annoncé, fin octobre, la mise en place de plusieurs outils pour assurer « la cybersécurité du quotidien ». Une plateforme va notamment être créée en 2023. Baptisée Mon service sécurisé, elle permettra aux collectivités « de bénéficier d’un nom de domaine, d’une messagerie et de services en ligne sécurisés », indique le gouvernement. 

Revoir l’interview à Maire info de Charlotte Blandiot-Faride

Charlotte Blandiot Faride, Maire de Mitry-Mory (77) from Association des Maires de France on Vimeo.

Territoires connectés de l’ARCEP 2022 : quels enjeux pour la téléphonie mobile ?

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C’est toujours un plaisir de répondre à une invitation de l’ARCEP. L’édition 2022 tient lieu en quelques sortes de rentrée parisienne après RURALITIC. https://conference.arcep.fr/fr/event/arcep-220922

Le sujet du jour, en ce qui me concerne, portait sur les attentes de l’AMF, et au-delà des élus locaux en la matière :

Au final très échanges informés, francs et directs à tous les niveaux, du ministre aux intervenants et aux questions posées.

C’est comme ça qu’on avance !

Cela fait un moment que je le souligne : La Cour des comptes critique sévèrement l’hémorragie des effectifs des préfectures 

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L’Etat est incapable de s’appuyer sur ses services déconcentrés, au plus près du terrain. Nous pouvons en multiplier les exemples locaux et en mesurer les conséquences.

source : https://www.maire-info.com/administration/la-cour-comptes-critique-severement-hemorragie-effectifs-prefectures-article-26482

La Cour des comptes critique sévèrement l’hémorragie des effectifs des préfectures 

Dans un rapport paru hier, la Cour des comptes pose un regard sévère sur les diminutions d’effectifs à marche forcée dans les préfectures, estimant que ces suppressions de postes n’ont pas été « réalistes ». 

Par Franck Lemarc

Maire-Info

© Préf. du Pas-de-Calais

Le rapport, intitulé Les effectifs de l’administration territoriale de l’État, permet de faire le point sur « dix années de réduction ininterrompues des effectifs »  dans les services de l’État territorial (préfectures et sous-préfectures notamment). Depuis la RéATE (Réforme de l’administration centrale de l’État) lancée en 2010, ce sont pas moins de 11 000 postes qui ont été supprimés, soit 14 % des effectifs. 

Critiques sur la méthode

Les suppressions de poste dans les préfectures, juge la Cour des comptes, « n’ont pas été réalistes ». C’est-à-dire qu’elles ont conduit à des situations où la seule manière de pouvoir continuer d’effectuer les tâches essentielles est de recruter des contractuels (vacataires) en contrats courts, « qui précarisent leurs titulaires et désorganisent les services ». 

La Cour des comptes se montre sévère tant sur les résultats que sur la méthode : « Les suppressions de poste en préfecture auraient justifié une réflexion sur la répartition de l’effort en fonction de la réalité des besoins de chaque région. C’est le contraire qui s’est produit puisque la répartition des coupes n’a visé qu’à préserver des équilibres historiques sans rapport avec l’évolution de la population ou de l’activité. » 

Administration territoriale de l’État 

Le rapport ne traite pas seulement des préfectures mais de l’ensemble de ce que l’on appelle l’ATE (administration territoriale de l’État) ou « État déconcentré ». L’ATE représente l’ensemble constitué par les préfectures et les directions régionales et départementales dépendant de divers ministères : Dreal (aménagement et logement), Drac (culture), Draaf (alimentation, agriculture et forêts), etc. La Cour rappelle que la RéATE a consisté « à créer des directions régionales qui respectent les périmètres ministériels et des directions départementales qui agrègent des moyens relevant de plusieurs ministères ». Mais elle constate que les réformes récentes « conduisent à renforcer la position centrale du préfet vis-à-vis des effectifs déconcentrés des autres ministères ».

Diminutions d’effectifs « massives » 

Pour ce qui concerne les préfectures elles-mêmes, leurs effectifs sont passés entre 2010 et 2020 de 27 613 agents à 23 652 (- 14 %). Les rapporteurs expliquent notamment que lorsque les recrutements de policiers et de gendarmes sont « repartis à la hausse », le ministère de l’Intérieur a compensé, budgétairement parlant, en supprimant des postes d’agents en préfectures. Ces suppressions de poste ont principalement touché « les agents administratifs de catégorie C », dont les effectifs ont été réduits de plus d’un tiers (- 34 %) ! 

Les principales victimes de ces diminutions d’effectifs ont été les sous-préfectures, rendant ces structures (du moins celles qui n’ont pas tout simplement fermé) « très fragiles » : « Il n’est pas rare que certaines sous-préfectures »  ne comptent plus « qu’entre trois et sept agents », constate la Cour.

Les relations des préfectures avec les collectivités locales sont, forcément, affectées par cette situation : les agents affectés spécifiquement à cette fonction ont diminué de 5 %. Les effectifs des services « élections »  ont littéralement fondu : – 42 % d’effectifs en 10 ans. Quant à la délivrance des titres (hors titres de séjour), elle a vu ses effectifs diminuer de 30 %. 

Autre conséquence néfaste de cette situation : « le recours massif aux vacataires », recrutés en catastrophe pour faire face « à des pics d’activité », notamment dans les services de délivrance de titres de séjour. À titre d’exemple, la Cour note que le bureau de l’asile de la préfecture des Hauts-de-Seine est constitué de « 47 % de vacataires »  ! Ceux-ci sont recrutés pour des contrats courts (3 à 6 mois), calibrés pour expirer avant le 30 décembre « pour ne pas peser sur le schéma d’emploi ». 

Pour la Cour des comptes, cette situation ne peut pas durer : « On ne saurait se satisfaire de ce que l’emploi public devienne un vecteur de précarité ». Ce qui, notons-le, n’est toutefois pas une découverte, y compris dans d’autres ministères, à commencer par celui de l’Éducation nationale. 

Même si ce point ne figure pas dans le rapport de la Cour des comptes, il faut noter qu’il n’y a bien une tendance générale, depuis des années, à reporter un certain nombre de tâches auparavant exécutées par les services de l’État (préfectures, ministère de la Justice), vers les collectivités locales et en particulier les communes, sans que celles-ci soient dotées de moyens supplémentaires pour le faire – comme l’AMF l’a déploré à de nombreuses reprises. C’est en particulier le cas sur les questions d’état civil, avec à la clé les engorgements que l’on sait. 

Statu quo

Si la Cour des comptes recommande donc, entre autres, des « recrutements importants », ne serait-ce que pour compenser les départs en retraite qui vont être extrêmement nombreux dans les années à venir, cela n’évitera pas une réflexion de fond sur la répartition des tâches, au niveau local, entre les services déconcentrés de l’État et les collectivités territoriales. 

En attendant, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a indiqué par courrier à la Cour des comptes qu’il « partage les constats »  de celle-ci et qu’il a fait le choix de « stopper la diminution des emplois dans les préfectures ». Mais « stopper la diminution »  quand les effectifs sont déjà au plus bas, sans préparer des recrutements massifs, c’est un peu comme « stopper la baisse des dotations »  sans envisager de revenir sur les diminutions passées : cela n’aggrave pas le problème, mais ne le résout pas non plus.